Chers lecteurs de VoiturElectrique et passionnés d'électromobilité,
L’expression « C’était une voiture de tous les jours » m’a immédiatement fait penser à l’un de mes oncles, qui possédait une Bianchina en version transformable. Il ne l’utilisait pas seulement pour ses déplacements quotidiens, mais aussi pour ses voyages importants. Je me souviens, par exemple, lorsqu’en juin 1965, il quitta sa ville natale de Padoue pour Lucerne afin de passer une semaine chez sa famille. Un voyage d’environ 500 kilomètres, parcouru en une journée, avec le passage du col du Saint-Gothard. Il s’y rendit avec sa Bianchina, pour laquelle il avait fabriqué à la main un porte-bagages sur mesure à fixer au toit afin de pouvoir y ranger une valise. Il avait même modifié le système de fermeture du compartiment moteur, afin qu’il reste entrouvert d’environ 10 cm pour favoriser la ventilation. De plus, tout comme moi, il était un fervent partisan d’une Europe unie : au classique autocollant ovale avec le « I » italien à apposer à côté de la plaque d’immatriculation, il préféra un autocollant ovale portant les inscriptions « UE » et « Europe Unie ». Lorsqu’une connaissance lui a fait remarquer que l’autocollant « I » était obligatoire en Suisse, il a répondu : « L’Italie fait partie de la Communauté européenne, et donc le label UE est également valable ! »
Image : www.museoauto.com/
Mais quelle idée m'est venue ?
À l’approche de l’été, je me suis demandé : pourquoi ne pas partager sur VoiturElectrique une expérience de voyage en petite voiture, y compris sur autoroute ? Autrement dit, pourquoi ne pas aborder l’utilisation, pour les longs trajets, de ces voitures que l’on considère, dans l’imaginaire collectif, comme « réservées à la ville » ?
Il y a quelques années encore, c’était assez compliqué et peu de gens étaient prêts à tenter l’expérience. Aujourd’hui, cependant, les choses ont radicalement changé. Non seulement, les batteries ont gagné en capacité (vous souvenez-vous de la première Zoé avec une batterie de 22 kWh et sans connecteur CCS ?), mais les vitesses de charge ont également fait un bond en avant significatif. Aujourd’hui, de nombreuses petites voitures électriques offrent des performances de charge qui, jusqu’à récemment, étaient réservées aux modèles haut de gamme.
Les infrastructures se sont également améliorées : de nombreuses autoroutes sont désormais équipées de bornes HPC. En France, par exemple, depuis l’année dernière, toutes les aires d’autoroute sont équipées de bornes de recharge ultra-rapides. Cela permet de trouver une recharge HPC tous les 50 à 60 km et ainsi d’optimiser les arrêts en les faisant coïncider avec les pauses des voyageurs.
Mon expérience avec une Hyundai Inster
J’ai récemment conduit une Hyundai Inster grande Autonomie en France, sur un trajet d’environ 500 km, dont 380 km sur autoroute (vitesse limitée à 130 km/h), le reste sur des échangeurs urbains et des routes nationales (vitesse limitée entre 90 et 110 km/h).
Certains souligneront que la batterie de l’Inster Longue Autonomie, 49 kWh bruts (46 nets), n’est pas si petite. Mais, outre le fait que c’était la voiture que j’utilise au quotidien, l’objectif de cet article était de raconter une expérience utile pour ceux qui ne peuvent pas se permettre d’avoir deux voitures (une pour la ville et une pour les voyages) et qui recherchent une voiture compacte, de moins de 4 mètres de long, polyvalente même pour les longs trajets.
Je dois admettre qu’au début, j’avais un petit préjugé. J’avais peur des arrêts longs et ennuyeux pour recharger. Mais non. Grâce à la belle journée, les arrêts ont été agréables et le temps qui leur était consacré est passé rapidement.
Performances de charge surprenantes
La courbe de charge de l’Inster m’a agréablement surpris : bien meilleure que celle du Kona de 64 kWh que nous avions acheté en 2020. Dès qu’elle est branchée à un chargeur HPC, l’Inster atteint rapidement la puissance maximale d’environ 80 kW et la maintient jusqu’à 60 % de son SoC (voir photo). Un grand pas en avant.
Sur autoroute, nous avons maintenu le régulateur de vitesse adaptatif à 130 km/h, avec quelques courts dépassements. Au-delà de 125 km/h, la voiture a commencé à vibrer légèrement, sans doute à cause du vent latéral. Globalement, le trafic était chargé, mais nous avons maintenir une moyenne correcte.
Planification simple et sereine
J’ai organisé le voyage comme d’habitude : départ avec une batterie à 100 % (chargée pendant la nuit) et un long arrêt dans l’après midi, dans une zone équipée de bornes de recharge HPC et de bons services (restaurant, toilettes, espaces verts). Pour la planification, j’utilise ABRP pour me faire une première idée, puis je choisis personnellement les aires de service les plus adaptées à mes goûts. Pour les recharges intermédiaires, je me laisse guider par le navigateur de la voiture.
Pour ma part, pour la pause déjeuner et la recharge, j’ai choisi l’aire de Montélimar Ouest, où nous sommes arrivés après une recharge intermédiaire de 20 minutes. Montélimar Ouest est l’une des aires de repos préférées des Français, des Belges et des Néerlandais qui descendent du nord de l’A8. Elle est probablement aussi préférée parce qu’elle se trouve juste au sud de la « Porte du Soleil », un monument de style moderne situé sur les bords de l’autoroute, marquant symboliquement la frontière entre le nord pluvieux et le sud ensoleillé. L’aire de service est immense et bien équipée, mais un peu bondée ce jour-là. Pause déjeuner de 40 minutes, tous les chargeurs HPC étaient occupés, mais sans file d’attente : dès qu’un se libérait, une voiture arrivait au bout de quelques minutes. Après être passés devant le restaurant self-service, nous nous sommes installés aux tables extérieures avec notre plateau pour profiter de la belle journée et observer la zone de recharge HPC. En cas de file d’attente, par politesse, j’aurais libéré la place avant d’atteindre 90 % de SoC, mais ce n’était pas nécessaire. Après avoir déjeuné et bu un café, j’ai laissé la voiture branchée à 95 % lorsque j’ai vu arriver une voiture électrique à laquelle j’ai cédé ma place.
Avec ces 95 %, nous ne sommes pas arrivés à la destination, mais une recharge rapide complémentaire de 8 minutes a suffi. Au total : 40 minutes pour le déjeuner + 28 minutes pour deux arrêts supplémentaires. À mon avis, c’est plus qu’acceptable pour un voyage de 500 km, détendu et avec des pauses de recharge tout sauf ennuyeuses.
Conclusion et invitation aux lecteurs
Je classerais la Hyundai Inster parmi les voitures qui, comme l’a écrit Franco à propos de sa 500, sont « de tous les jours » : parfaites pour la ville. Mais j’ajouterais qu’elles permettent aussi, si nécessaire, de longs trajets sans problème.
Je vous invite donc à nous faire part de votre expérience. Voici quelques lignes directrices :
- Voiture d’une longueur de 4 mètres environ
- Batterie avec une capacité brute de 50 kWh environ
- Parcours d’au moins 400 km, dont au moins 300 km sur autoroute
Qui sait, peut-être qu’un jour je ferai le voyage de mon oncle entre Padoue et Lucerne… mais avec une petite électrique.
Je suis sûr qu’en me voyant, il dirait : « Mais tu es dans une voiture de luxe ! « . Car oui, son voyage exigeaient non seulement de la programmation, mais aussi de l’engagement et de l’effort physique. Mais le progrès est bienvenu : avec plus de confort et de sécurité, mais aussi avec plus de durabilité. Et peut-être que de temps en temps, on apprend à ralentir un peu pour le bien de tous.
Amitiés à tous et bonnes vacances… bien sûr en voiture électrique, y compris les petites !




























