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Essai du BMW C-évolution : notre motard est-il prêt à remplacer sa thermique ?

Article publié le 11 mai 2019 par rubrique 2 & 3 roues, A la Une, Actus, Bmw et 2480 visites

Lors d’un entretien moto de ma GS Adventure 800, j’ai eu comme plaisir, d’avoir comme véhicule de courtoisie, le BMW C-évolution, scooter électrique pendant une journée.

Première réaction

Je m’assoie, je l’allume, et je demande confirmation au vendeur : – » J’ai bien allumé l’engin ? » En rigolant, il répond “Mais vous n’entendez pas le bruit ?” Une fois quelques secondes passées, je m’accoutume très vite à la sensation de conduite que procure ce scooter. Ensuite, je prends la route en direction de mon bureau avec un gros sourire…

… jusqu’à ma première décélération …

Et là, grande surprise ! Le frein moteur, cette régénération inconnue par les conducteurs de véhicules thermiques et qui permet de recharger la batterie avec l’énergie du freinage. Rien à voir avec ce que l’on peut trouver sur une moto classique ! Même si ce comportement est configurable et peut être annulé via un simple changement de mode de conduite, j’ai décidé de continuer à l’utiliser dans un souci d’optimisation de la batterie. J’ai même pris plaisir à exploiter ce mode et c’est devenu un jeu pour essayer de décélérer le plus longtemps possible afin de recharger à maximum la batterie.

Un changement de conduite ?

Ce plaisir m’a poussé à changer ma façon de conduire, un reflexe très important quand on veut conduire un véhicule électrique. Ce changement s’est présenté sous forme de deux comportements principaux. Le premier étant de regarder plus attentivement les instruments de bord (surtout ceux qui indiquent la consommation et la recharge de batterie.) Selon moi, ce comportement devrait s’estomper sur un trajet quotidien maison-travail. Et le deuxième étant de faire des accélérations moins brusques et de diminuer un peu ma vitesse de croisière, tout cela dans un souci d’optimisation de mon autonomie.

Mais l’autonomie, c’est assez pourri … non ?

Cela m’amène à la question fâcheuse de l’autonomie. BMW propose son modèle standard avec une autonomie de 100 km (modèle que j’ai essayé) et une option à 500 € pour passer à une autonomie de 160 km. Le véhicule que l’on m’a prêté, à charge pleine, avait une autonomie initiale de 50 km (alors que BMW indique 100 km …). Dans un premier temps, 50 km seulement ça fait peur ! Surtout en venant d’une moto avec un réservoir de 25 L d’essence et une autonomie de 600 kms. Quand on prend en considération que le trajet médiane domicile-travail par la route est d’un peu moins de 10 km pour les cadres (public cible de ce modèle) et que les batteries vides peuvent se charger à 100 % en trois heures, finalement je me dis que l’autonomie ne pose pas de problème dans la majorité des cas. Comme j’ai pu le constater moi-même en faisant l’aller-retour maison-travail et en profitant d’un détour pour profiter pleinement de cet engin qui n’émet aucun CO2.

Être écolo en prenant du plaisir

Mais dans tous nos bons sens écologiques, où est donc le plaisir ? Motard passionné que je suis, je recherche bien sûr des sensations fortes et un plaisir de conduite que n’importe quel scooter ordinaire aurait du mal à satisfaire. Mais ce petit C-évolution cache bien son jeu et ne dévoile que toutes ces cartes au fur et à mesure du trajet. Bien sûr la puissance instantanée fournie par un moteur électrique contribue énormément à ce plaisir. Et le fait de pouvoir sécher la plupart des motos au feu rouge y contribue fortement. Mais ce n’est pas son seul argument. La maniabilité couplée à la réactivité permet de faire une analogie avec les Go-Karts et facilite le zig-zag dans la circulation Parisienne. Donc, je peux dire avec certitude que le C-évolution surprendra plus d’un motard.

Shhhh….

Étant plutôt fan d’un bon pot d’echappement Akrapovic et de son bruit mélodieux, je fus agréablement surpris par la conduite silencieuse qui donne une sensation de survoler la route sur un tapis volant. Bien que dans les grandes villes, la diminution de la nuisance sonore contribue à une meilleure qualité de vie, je me pose la question sur l’impact que ce “non bruit” peut avoir sur la sécurité routière, notamment les piétons qui nous “voient” beaucoup moins en raison de l’absence de bruit.

Le prix de l’entretien ! Aspect financier

Avec un prix d’achat de 15 700 € minimum, se pose la question de la rentabilité d’un tel véhicule. Le C-évolution exige un entretien une fois tous les deux ans, pour un prix d’environ 150 €. En plus de cela, sa consommation est de 9 kWh par 100 km, qui correspond à 1,50€. Il suffit de faire le calcul pour constater que le C-évolution a une consommation au 100 km d’environ 3 fois moins cher qu’un scooter essence 125 cc, qui consomme en moyenne 3 L au 100.

En résumé

Après une journée, (ce qui n’est sûrement pas assez suffisant pour se faire un avis tranché), je peux néanmoins affirmer que ce scooter C-évolution m’a agréablement surpris. Pourtant, aujourd’hui, je ne franchirai pas le cap d’abandonner ma moto thermique pour acquérir un tel engin. Le seul cas d’usage serait d’avoir le C-évolution en semaine, tout en gardant une moto de loisir pour les beaux jours. Maintenant si je dois me mettre à la place d’un propriétaire de scooter qui ne recherche pas forcément le plaisir de conduite, j’estime que cette BMW est une alternative plus que crédible.

voiturelectrique.eu aime

  • Maniabilité
  • Écologie
  • Absence de bruit
  • L’entretien (130 € tous les 2 ans)

voiturelectrique.eu n’aime pas

  • L’autonomie
  • Capacité de recharger l’engin
  • Le prix d’acquisition

Auteur : Kaya Demircigil



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